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 Gérard Manset

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Laurent78
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MessageSujet: Gérard Manset   Mer 6 Aoû 2008 - 16:44

Comme Françoise Hardy a de l'admiration pour le bonhomme, je me décide à lui consacrer un sujet ...

L'homme se méfie des médias depuis le début des années 80. Il se cache, évite les photos de lui, et pourtant il est un peu omniprésent mais dans l'ombre, travaillant pour Raphael, Bashung, Jane Birkin ...

Pour le découvrir :


GERARD MANSET - Les enfants du rock - 1983
http://www.youtube.com/watch?v=HCx4f_uDhCc




Une compilation 3CD est sorti sur lui, le montrant de dos, en train de voguer mystérieusement sans doute en Asie ( dont il est un passionné au point de faire des recueils de photos ).






En 1999, puis en 2004 avec déjà une réédition, un album tribute est sorti : ROUTE MANSET :




1. Entrez Dans Le Rêve Jean Louis Murat
2. La Route De Terre Nilda Fernandez
3. Animal On Est Mal Alain Bashung
4. Prisonniers De L'Inutile Francis Cabrel
5. Solitude Des Latitudes Françoise Hardy
6. C'Est Un Parc Salif Keita
7. Rouge-Gorge Joao Bosco
8. Il Voyage En Solitaire Cheb Mami
9. On Ne Tue Pas Son Prochain Brigitte Fontaine
10. Quand Les Jours Se Suivent Pierre Schott
11. Vies Monotones (Enregistrement 2004) Les petits chanteurs de St Marc
12. Y'A Une Route Dick Annergan
13. Etre Rimbaud (Extrait De L'Album "La Réalité") Raphael
14. Si Tout Etait Faux (Extrait De L'Album "A La Légère") Jane Birkin
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Laurent78
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Mer 6 Aoû 2008 - 16:50

Une très belle chanson, témoignant encore de son amour pour l'Asie


GERAD MANSET - Royaume de Siam - 1979-80 ?




Je t'ai vu dans la rue assise
Avec ton enfant sous ta chemise,
Les épaules nues couvertes d'or.
Pour plaire à ton Dieu, tu danses encore.
La rivière coule au pied du temple de l'aurore.

Personne ne pleure ni se plaint.
La nuit les rues sont chaudes et les enfants jouent
Avec leur grands yeux sans paupières,
La peau bronzéee, leur ventre clair.
La rivière coule au pied du grand Bouddha de pierre.

Royaume de Siam,
Chemin qui mène au peuple heureux.
Royaume de Siam,
Celui qui voit le monde par tes yeux,
Celui-là peut-être il peut être heureux.

Je t'ai vu dans la cité étrange,
Porte du ciel, ville des anges,
Avec l'amour, la liberté,
Mange la mangue et boit le thé.
Ta rivière coulera sans s'arrêter.

Je t'ai vu dans la rue assise
Avec ton enfant sous ta chemise.
Tu dansais toujours. Tu danses encore.
La rivière coule au pied du temple de l'aurore.

Royaume de Siam,
Chemin qui mène au peuple heureux.
Royaume de Siam,
Celui qui voit le monde par tes yeux,
Celui-là peut-être il peut être heureux.




Clip assez violent :

GERARD MANSET - Matrice ( 1989 )





Et donc, nouvel album en septembre 2008 :



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thierry
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MessageSujet: ui   Mer 6 Aoû 2008 - 23:07

Laurent78 a écrit:
Une très belle chanson, témoignant encore de son amour pour l'Asie


GERAD MANSET - Royaume de Siam - 1979-80 ?
http://www.dailymotion.com/video/x5puxt_gerard-manset-royaume-de-siam_music

Je ne connais pas Manset (et n'ai pas le temps de le découvrir). En tant que moi-même grand admirateur de l'Asie, je trouve ce texte très beau, ne se permettant pas de jugement.

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"Und so singen wir die ganze Nacht, unsere Lieblingslieder, Lieder von früher..."
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Laurent78
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Dim 14 Sep 2008 - 14:01

Le nouveau Manset sort demain. La chanson "Comme un Lego" qu'il a proposé à Bashung, Manset en montre finalement sa propre version. Certains vont penser qu'il reprend Bashung. Mr. Green





Le paradoxe poétique Gérard Manset
LE MONDE | 12.09.08


http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/09/12/musique-le-paradoxe-poetique-gerard-manset_1094520_3246.html

La chanson Comme un Lego ouvre le nouvel album de Gérard Manset, Manitoba ne répond plus, qui paraît le 15 septembre. Il l'a écrite et Alain Bashung l'a créée, en mars sur son disque Bleu pétrole. Un Manset n'est jamais innocent. Il y a du bruit dans le monde, des aéroports pleins, "des taxis réservés, des hôtels occupés à l'année par les baby-boomeurs, ma génération", celle qui part en voyage organisé. "Parallèlement, une faune globalisante est apparue pour qui le touriste solitaire est une proie facile. Il y a vingt ans, les gens étaient radieux, aujourd'hui, ils sont méfiants. La grâce s'est perdue", ajoute, en souriant, celui qui est longtemps passé pour un être glaçant.


La chanson choisie pour représenter l'album à la radio est Ô Amazonie, qu'il ne faut pas une seconde imaginer écolo-militante et dont un extrait donne son titre à l'album : "Manitoba ne répond plus/ Il s'est brisé les ailes/ Contre un amas de bambous/ Il s'est cassé debout." Et puis cette magnifique conclusion : "Au fond de forêts étendues, Amazonie/ Comme une page à moitié lue."

Aucune apparition en scène, peu de photos qui le représentent, l'écrivain-musicien-photographe, artisan solitaire de tous ses disques, est un exégète rigoureux de son oeuvre - "mon cheptel", dit-il. Le berger voyageur est aujourd'hui apaisé. "Je prends davantage de plaisir maintenant, je suis en règle avec moi-même." Mais il corrige en disant qu'il était "déjà vigilant" au temps des albums Lumières (1984) ou Matrice (1989).


MINETS DU DRUGSTORE

La maturité lui "est tombée dessus" et c'est bien. "J'ai voyagé quinze ans sans guide, sans références préalables. Aujourd'hui, je m'endors tranquille, serein, parce que j'ai vécu tout cela. C'est uniquement par ce que l'on a découvert seul qu'on peut avoir la sensation de la quiétude."

Ravi, badin, Gérard Manset, 63 ans, détaille alors sa découverte il y a dix ans de la cathédrale de Brasilia dessinée par l'architecte Oscar Niemeyer, qu'il imaginait grande, avec escalier à gravir. "En fait, elle était minuscule sur la grande esplanade, comme un tipi d'Indien. Il fallait au contraire descendre des marches et là on était inondé de lumière !"

Le voyageur solitaire est né à Saint-Cloud, il a grandi à Paris dans le 16e arrondissement, il a porté, et porte encore, des blousons de daim qui étaient la marque de la bande des minets du drugstore, aux Champs-Elysées. La mèche et le sourire large. Il a étudié les arts décoratifs, les langues orientales (thaï parfait et khmer acceptable). En plein Mai 68, il a publié Animal, on est mal, pendant que d'autres s'adonnaient au lancer de pavés. Manset est pourtant très politique dans sa défense des innocences, des mondes perdus, des charmes - celui de l'Asie par exemple - qui donnent le sel au monde.

Il est politique aussi, parce que libre. Il ne veut pas qu'on écorne son oeuvre, attention aux mauvais exégètes, ne pas s'y risquer. Il connaît tout sur la Mort d'Orion (1970). Il a déjà retiré du circuit public ce qui ne lui plaisait pas, refaçonnant ainsi le visage du corpus Manset. Il a mis des choses jugées inutiles au pilon, et aggravé l'appétit des fans et des collectionneurs. Il se connaît. "Ma voix couvre tout d'une sorte d'uniformité. Comme Jean Sablon, on a vite l'impression que c'est la même chanson." Oui, mais, c'est du Manset, avec ses ésotérismes, ses coquetteries, ses envolées.

Depuis qu'il est serein, Gérard Manset "donne" des chansons à d'autres. "J'ai commencé ma carrière ainsi, en écrivant un album entier pour Herbert Léonard. Puis, je suis devenu trop singulier. Il a fallu attendre Matrice pour que mon univers puisse être compris en tant que tel." Parallèlement à Manitoba ne répond plus, la Fnac édite un livret contenant les textes des chansons offertes à d'autres : Alain Bashung, Julien Clerc, Raphaël, Florent Pagny, Jane Birkin, Philippe Lavil, et puis ce formidable Je jouais sur un banc, dont s'est emparé l'ogre Juliette Gréco : "Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez ! Sans faire de bruit, sans faire de vague" (2004).


"CHANSON UNIVERSELLE"

La conversation devient un hymne à Alain Bashung. "Vous avez vu ce qu'il a fait avec ma chanson Vénus (enregistrée pour Bleu pétrole) ? Neuf minutes de poésie, de musicalité pure, novatrice. C'est un artiste idéal." La musique est matière. Vénus est restée chez Bashung (musique d'Armand Mélies). Comme un Lego est revenue chez Manset, en tête de liste, "porte fermée, obscure qui permet d'entrer de plain-pied dans l'ésotérisme, le surréalisme concret, à la façon des montres molles de Dali".

Car la construction de Manitoba ne répond plus est forcément pensée, rigoureuse. "Dans un jardin que je sais, est une chanson sur le calme, la poésie, avant des visions plus terribles avec Pays de la liberté. Aux fontaines j'ai bu, est très casse-gueule, prête à basculer dans le sirop, au bord d'Adamo. Genre humain, est un titre très personnel, intime. Ô Amazonie est une chanson hybride, universelle. On finit sur le rêve, Dans mon berceau, j'entends."

"Je suis quelqu'un du paradoxe", poursuit Gérard Manset. Il n'est jamais monté sur une scène. Il a failli y arriver, après la sortie d'Obok en 2006. Il a répété. " J'ai aujourd'hui assez de matériel pour chanter en scène : Ô Amazonie, Fauvette, Jardin des délices. Je ne me voyais pas chanter en scène l'album Matrice, sauf un titre peut-être, ni Il voyage en solitaire, tout en demi-teintes, debout devant un micro." Si le métier du disque s'écroule, il ne restera peut-être que la scène, analyse Manset. "Alors, je pourrai aller balancer un concert entier d'inédits sur scène. Mais j'ai encore du mal avec l'état civil et l'identité d'artiste, qui est une vie de folie passagère, une peau de l'ours difficile à assumer."

Véronique Mortaigne
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Laurent78
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Lun 15 Sep 2008 - 0:37



GERARD MANSET - Le pays de la liberté ( 2008 )




Dernière édition par Laurent78 le Sam 3 Mai 2014 - 11:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Lun 29 Déc 2008 - 13:07

J'ai enfin trouvé un site ou on pouvait écouter Gérard Manset ...


Pour cet album de 2004 essayez :

- Demain il fera nuit
- Quand on perd un ami ( très touchant )
- Dans les jardins du 21e siècle

http://www.musicme.com/#/Gerard-Manset/albums/Le-Langage-Oublie-0724359520223.html
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Laurent78
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Jeu 8 Jan 2009 - 21:24

MANSET ou BASHUNG ?     affraid


GERARD MANSET - Comme un légo ( 2008 )


ALAIN BASHUNG - Comme un légo ( 2008 )
http://www.deezer.com/track/929898


C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ce petits êtres qui courent

Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles égyptiens
Péniblement

A porter mille fois son point sur le i
Sous la chaleur et sous le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants?
Voyez-vous ces êtres vivants?
Voyez-vous ces êtres vivants?

Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un lego avec du vent

La faiblesse des tout-puissants
Comme un lego avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un lego avec des dents
Comme un lego avec des mains
Comme un lego

Voyez-vous tous ces humains?
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront

Car si la terre est ronde
Et qu'ils s'y agrippent
Au delà c'est le vide
Assis devant le restant d'une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d'amibes

Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire

Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire

Pourquoi ne me réponds-tu jamais?
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
A te balancer dans cette cage

A voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un lego
Comme un imputrescible lego
Comme un insecte mais sur le dos

C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans

On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
( Gérard Manset )


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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Ven 9 Jan 2009 - 12:44

Merci pour ces deux liens, j'ai écouté la version de Manset que je ne connaissais pas encore ainsi que deux autres titres de l'album " Manitoba " .

Pour répondre à ta question, c'est la version Bashung qui me parle et touche le plus.
Malheureusement, " ô vieillesse ennemie " , la voix de Manset n'est plus ce qu'elle était et cela me fait mal pour lui. C'est à chaque fois un coup de massue pour moi, mais je remarque de plus en plus que de nombreux artistes après la soixantaine perdent en qualité et en expressivité - en direct surtout - ( V. Sanson,... ) ou alors que sur certaines notes finales ça se termine en vibrato chevrotant interminable ( Delpech, Barbara, Isabelle Aubret, par ex.)
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Laurent
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Ven 9 Jan 2009 - 16:22

Comme vous j'aime Manset depuis longtemps et même avant que Françoise ne nous fasse part de son admiration pour lui.

Ses paroles, sa voix, sa musique, son atmosphère, me touchent énormément, à m'étourdir parfois. J'ai plus de mal avec ses livres et ses rapports avec l'Asie...

Mais comme Matthew, je déplore sa voix vieillissante, ou plus exactement son absence de voix qu'il s'efforce de pousser dans les aigüs. Sans conteste, la version de Bashung est nettement supérieure.

Si Manset l'a écrite pour Bashung, il est même regrettable qu'il l'ait reprise sur son album....

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"...avec de trèèèèèès mauvais musiciens, les piiiiiiiiiiiiiires..." - Françoise Hardy, à propos de ses premiers enregistrements.
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Laurent78
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Ven 7 Aoû 2009 - 13:57

Je trouve la version Manset de "Comme un Lego" plus touchante et plus recherchée musicalement et en terme d'ambiance.

J'avoue ne pas trouver le dernier album de Bashung franchement inoubliable de toute façon.

En tout cas, je continue d'etre un fan envouté par GERARD MANSET.

Un site officiel a enfin vu le jour. Peu de choses, si ce n'est une vidéo où on le voit un peu, c'est si rare. Manset aura 64 ans en ce mois d'aout 2009.

http://www.manset.fr/

Des rumeurs de concert sont là depuis 2 ans, lui qui n'en a jamais fait, entretenant consciemment ou pas, une forme d'aura et de mystère autour de lui.


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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Jeu 31 Déc 2009 - 12:42

GERARD MANSET - Dans les jardins du XXIe Siècle ( 2004 )


Quelle belle chanson. Même dans un monde futuriste, déshumanisé, avec des enfants clônés et des oiseaux robots, Manset garde quelque chose d'humain dans sa façon d'en parler ...

flower


Dans les jardins du XXIème siècle
Où les enfants clonés jouent sous les arbes
Le chagrin, la gaieté, ont la couleur du marbre
Et rien n'est plus de ce qui fut aimé
Et rien n'est plus de ce qui fut aimé

Souvenez-vous de ces longues gorgées
De cette eau pure le ciel était gorgé

Dans les jardins du XXIème siècle
Où les enfants clonés jouent en rêvant
A ce que furent la chair, les larmes et le sang
Quand rien n'est plus de ce qu'il était avant
Quand rien n'est plus de ce qu'il était avant

...

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Laurent78
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Sam 3 Mai 2014 - 11:12

Pas de nouvel album mais un retour discographique quand même via un double CD compilation, avec cependant une revisite de certains titres avec des ajouts de voix, de guitare de quelques invités. Et un inédit qui donne le titre : "UN OISEAU S'EST POSE" :




Critique

Six ans après Manitoba Ne Répond Plus, ce n'est pas un nouvel album que propose l'ovni de la chanson française mais une relecture sélective de son oeuvre, étalée sur quatre décennies et vingt albums. Toujours aussi médiatiquement rare et pubiquement invisible, Gérard Manset continue de hanter les studios, le sien et ceux de Raphaël, Julien Clerc, Axelle Red ou Axel Bauer.

Fait inhabituel dans sa façon de travailler, l'ermite a ouvert la porte à quelques connaissances et laisser ses hôtes poser une guitare ou une voix sur quelques-unes de ses créations. Pour le reste, il s'en est remis à lui-même pour réorchestrer, rejouer ou réinterpréter dix-sept pièces équitablement réparties dans la chronologie, avec plus ou moins de réussite. À ce travail de remodelage s'ajoute un inédit, le délicieux morceau-titre au parfum onirique, « Un oiseau s'est posé ». Tout n'est pas aussi transcendant dans un double album où le « Manteau jaune » écrit pour Raphaël se voit combiné à l'instrumental « Obok » et où des morceaux emblématiques comme « Animal on est mal », transformé par dEUS, et « Entrez dans le rêve » ou « Matrice », perdent de leur éclat initial.

Pour autant, la « patte Manset » est toujours bel et bien présente, renforcée à l'occasion par la voix sépulcrale de Mark Lanegan (« Cover Me With Flowers of Mauve », soit l'« Élégie funèbre » de La Mort d'Orion et « Il voyage en solitaire » en « No Man's Land Motel »), la guitare d'Axel Bauer (en appui de « Celui qui marche devant ») ou le duo avec Raphaël (« Toutes choses »). Au chapitre des surprises, la nouvelle version de « Lumières » trouve un bel écrin instrumental. Il en est de même pour « La Ballade des échinodermes » ou « Rouge gorge ». La plus belle d'entre toutes est sans doute celle réservée à « Deux voiles blanches », à écouter sous un nouveau jour. Et de toutes façons comme rien ne se perd et tout se transforme, l'oiseau continue de voler très haut.


Loïc Picaud - Copyright 2014 Music Story


Disque : 1

1. Entrez Dans Le Rêve  
2. Cover Me With Flowers Of Mauve (Feat. Mark Lanegan)  
3. Comme Un Guerrier  
4. Matrice  
5. No Man's Land Motel  
6. Lumières  
7. Un Oiseau S'est Posé  
8. Celui Qui Marche Devant (Feat. Axel Bauer)  
9. Manteau Jaune  
10. Toutes Choses (Feat. Raphael)  
11. Deux Voiles Blanches  
12. Genre Humain  


Disque : 2

1. Le Pont  
2. Manteau Rouge  
3. La Ballade Des échinodermes  
4. Rouge-Gorge  
5. Animal On Est Mal (Feat. Deus)  
6. Le Train Du Soir  


ROUGE-GORGE :


LE PONT :
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Dim 4 Mai 2014 - 16:48

Ce qui est bien depuis quelques années, c'est qu'il est possible de trouver sur YouTube des morceaux introuvables sur cd comme la toile du maître, Golgotha, l'arc-en-ciel...

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Laurent78
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Dim 4 Mai 2014 - 22:20


En plus, Manset a plusieurs fois décider lors de rééditions de bannir certains titres qu'ils ne voulaient plus. J'ai aimé les belles rééditions de 1999 en double CD ( les miens sont dans un sale état ).

Je me suis acheté le double CD aujourd'hui et ... j'adore ! Finalement, il faut prendre cela comme une session live. Sans public certes mais avec des réarrangements parfois intéressants ( la chanson Lumière sans les chœurs d'enfants est très bien je trouve ! ) et sa voix actuelle. Plus faible mais qui me touche beaucoup. Il retire parfois quelques petites choses dans les textes. C'est enregistré au ... Palais des Congrès en 2012 et 2013.


GERARD MANSET - Matrice ( 1989 )


GERARD MANSET - Matrice ( version 2014 )



GERARD MANSET - Entrez dans le rêve ( 1984 )


GERARD MANSET - Entrez dans le rêve ( version 2014 )
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Lun 5 Mai 2014 - 22:18

C'est pas désagréable, musicalement quelques petites différences (pour matrice, la flûte remplace le saxophone, un petit côté chambres d'Asie, et pour entrée dans le rêve, les guitares indochinoises sont plus en retrait avec l'apparition d'un saxophone). La voix se bonifie rarement avec le temps, et on a l'impression que parfois elle lui échappe.
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Lun 5 Mai 2014 - 23:54


Belle interprétation de FH :

http://youtu.be/aTYZSR73kgk
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Laurent78
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Mar 6 Mai 2014 - 0:22

Très longue interview de Manset dans Télérama :

http://www.telerama.fr/musique/gerard-manset-je-suis-fait-de-50-de-tristesse-et-de-50-de-sagesse,111528.php

J'aime beaucoup son tempérament, il se décrie comme un obsessionnel, et c'est une évidence. Un côté buté sans doute, mais j'apprécie son état d'esprit.  Et c'est passionnant de le lire là, que ce soit sur ce qu'il pense de "Comme un Lego" par Bashung, des filles qui ressemblaient à Sylvie Vartan quand il avait 14-15 ans (  Mr. Green ) , son entrée à EMI, son approche de la musique, de la scène, son enfance. Ca fait plaisir des interviews comme ça.   Smile  






Il voyage en solitaire depuis longtemps. Discret, voire caché, Gérard Manset a toujours refusé de s'exposer, sur scène ou sur les plateaux télé. Son œuvre, depuis la fin des années 60, fait le bonheur d'un public fervent qui ne trouve ailleurs la fragilité du chant, l'écriture au long cours, l'intensité de ses chansons épiques, parfois généreuses, souvent fâchées avec le genre humain.

L'auteur-compositeur natif de Saint-Cloud, écrivain, photographe et peintre à ses heures, est aussi un voyageur en quête perpétuelle d'un monde d'émotions préservées. Depuis La Mort d'Orion (1970), son ambitieuse œuvre de jeunesse, Manset l'effacé, 68 ans, s'est imposé avec ses standards ultérieurs (Y a une route, Lumières, Matrice, Revivre…) comme une référence pour initiés et au-delà.

Car si Il voyage en solitaire (1975) demeure son unique succès populaire, sa plume est depuis quelques années très sollicitée. Raphael, Birkin, Gréco et, bien sûr, Bashung ont fait appel à cet orfèvre obsessionnel à l'ego bien dimensionné. A l'heure où paraît Un oiseau s'est posé, double album de ses classiques revisités, l'occasion était trop belle pour ne pas tenter de cerner cet artiste phare et rare.


Que signifie un projet comme Un oiseau s'est posé ?
Je suis celui, en France, qui a eu le contrat le plus long avec EMI : une quarantaine d'années, dix-neuf albums publiés. Lorsqu'il a été question de resigner il y a cinq ans, le métier n'était plus le même. Les téléchargements et le streaming, cette dérive où l'on donne tout à tout le monde, contre laquelle je me suis battu, tout ça me fatiguait beaucoup. J'aime les choses codées, que l'auditeur ait un effort à faire. Les gens d'EMI étaient peut-être aussi fatigués de travailler avec un type qui ne fait pas de scène, qui refuse les télés.

Ma position était ferme, mais ils remettaient ça sur le tapis. Ma volonté de ne pas jouer le jeu, grisante, valorisante un moment, ne l'était plus. Il n'y a pas eu rupture, mais usure. J'aurais pu en rester là. Mais, chez Warner, j'ai rencontré une équipe qui acceptait mes silences, mes obstinations, mon travail marginal, mes « obscurcissements » artistiques. On a décidé que le premier album serait fait de reprises d'anciens titres. Une revisitation.

Comment avez-vous procédé ?
Je devais donc rejouer les morceaux avec des musiciens, live en studio. Et ça a évolué vers de belles rencontres. Axel Bauer m'a proposé Celui qui marche devant, extrait de l'album de 1972 que je n'ai jamais voulu rééditer à cause du son… Avec Paul Breslin, mon guitariste américain, on a adapté Il voyage en solitaire en anglais, que l'on chante en duo. J'ai également repris Manteau jaune, titre rock écrit pour Raphael, qui en a fait une ballade douce et somnambulique. Et je lui ai demandé de chanter Toutes choses avec moi. J'adore l'écart entre ma voix âgée et la sienne, très juvénile. Parfait pour chanter « Toutes choses… se défont. »

Vous avez exhumé votre premier titre, mythique, de 1968, Animal on est mal…
L'idée est du groupe belge dEUS, à qui j'ai proposé une collaboration. Je m'attendais à ce qu'ils choisissent un titre un peu costaud, mais ils ont préféré celui-là ! Du coup, c'était moi qui étais mal. Je ne tenais pas à me le recoltiner. Mais j'ai trouvé leur version épatante, très fraîche, pop dans le bon sens du terme, presque rose !



A l'arrivée, vous ressentez quoi ?
Un bonheur indescriptible. J'en ai les larmes aux yeux. Personne ne peut l'évaluer, parce que mon matériel est si particulier, hypnotique et psychanalytique. C'est pour cela que ceux qui me suivent gardent la chose pour eux. Leur rapport à mes albums est de l'ordre de l'intime. Je parle peu à la presse, rarement à la radio, jamais à la télé. Je ne réécoute pas ce que je fais. Mes chansons s'accumulent et le temps passe. Avec cet album, le Manset de 2014 peut phagocyter le Manset de 1994, 1984, 1982. Je suis aux anges.

Je me trouve face à deux cents chansons, paroles et musiques, dont une trentaine qui n'ont pas d'équivalent. Manset est un phénomène musical à part. Lumières, ce n'est pas du Cabrel. Chez lui, il manquerait ce texte qui fait basculer la chanson dans une autre dimension, presque clinique. Là, j'ai rejoué Lumières en direct, à la guitare sèche, un peu comme j'avais refait Comme un Lego…

Vous aviez besoin de vous réapproprier ce titre offert à Alain Bashung ?
Alain lui-même n'était pas satisfait de sa version, qu'il n'a chantée, malade, qu'une fois. Mais ce n'est pas la voix le problème, c'est la production. Trop lisse, trop léchée. Je suis de la vieille école, j'aime que tout bouge, tel un bateau ivre. Une chanson, c'est du modelage, comme en sculpture. Chez Rodin, on voit les traces de doigts et de pouce.

Longtemps, Bashung avait ses propres auteurs. Je ne voulais pas marcher sur leurs plates-bandes. Mais j'ai eu de la chance. Quinze ans plus tôt, je n'aurais pas été aussi fasciné par le bonhomme. J'ai admiré son éthique, ce monde qu'il s'était construit, tel un homme-araignée, avec sa toile. Il était lent, exigeant, impressionnant. En même temps, Bashung était un des rares artistes français à pouvoir faire passer un côté inabouti. Tout comme il parvenait à enrichir et modifier ses chansons sur scène.


Comme Bob Dylan qui n'arrête pas de défaire et déconstruire ?
C'est une grande douleur, un poinçon dans le cœur, d'imaginer qu'on fait le même métier que les Anglo-Saxons. Eux ont tous les droits, ils ont une langue très musicale pour eux, des musiciens d'instinct, une sorte d'éternelle décontraction juvénile. Notre handicap vis-à-vis d'eux est incommensurable. Sauf quand on s'appelle Brel, Brassens, peut-être Cabrel, et qu'on est un véritable auteur qui utilise la langue française. Mais alors on est plus proche du troubadour ou du ménestrel.

On n'aura jamais un John Lennon chez nous. Ce n'est pas une histoire de talent. Beaucoup d'Anglo-Saxons ne chantent pas juste, ont la voix qui déraille. Mais ça participe à l'ensemble, à la particularité sonore. La même chose en français ferait pratiquement vomir. C'est cruel, mais c'est ainsi.


Cela n'explique pas votre éternel refus de vous produire sur scène…
On oublie que la scène, à mes débuts, c'était Dalida et Claude François. Soit, pour quelqu'un de sensé, quelque chose d'assez repoussant. J'ai été agressé par cette époque à paillettes. Que la musique soit réduite à ça m'a traumatisé. Il n'était pas question de m'apparenter à ces chanteurs. J'ai d'ailleurs gommé très tôt le mot « chanteur » de mon vocabulaire dans mes entretiens. Auteur-compositeur, oui. Interprète aussi. Mais pas chanteur. On a une langue riche, il faut appeler un chat un chat.

Il y avait également Ferré à l'époque, non ?
Ferré comme Brel avaient un besoin de mettre leurs tripes en avant. Mais c'est un autre métier. Celui de l'impudeur. Les personnes qui m'aiment en privé, je n'ai pas envie de les voir s'emballer, m'applaudir toutes ensemble. J'ai horreur des mouvements de foules. J'aime la relation individuelle. Ce que je chante n'est pas compatible avec le collectif.



Vous étiez plutôt porté sur le dessin. Vous auriez pu devenir peintre ?
Oui, si j'avais trouvé un enseignement digne de ce nom, c'est-à-dire les Beaux-Arts d'avant 1968, avec dix heures d'Académie et de peinture à l'huile par jour, et l'exigence. La peinture, ça ne s'improvise pas. A moins d'être Gauguin. Quand on est vraiment possédé, on peut faire fi de la technique. Peut-être est-ce ce qui m'est arrivé avec la musique. J'étais tellement habité par un désir de création que j'ai pu m'en passer.

Comment êtes-vous devenu ce musicien qui impose ses règles ?
A Saint-Cloud, j'ai eu des parents qui m'adoraient, un frère aîné éminemment respectable, brillant, que j'ai toujours admiré… Moi, je suis le petit mouton noir. D'emblée, je me suis auto-flagellé, avec le sentiment d'être humilié en permanence, même si c'était en partie infondé. Entre 5 et 8 ans, j'étais à la fois très sûr de moi et très solitaire. Pas inquiet, mais dans l'interrogation de tout. Un enfant plus fragile, plus frileux, plus curieux que les autres. Cet enfant-là n'a pas grandi. C'est le même qui vous parle aujourd'hui.

A 14-15 ans, j'ai ramassé une guitare et me suis retrouvé dans des soirées du 16e, à me faire draguer par des filles qui ressemblaient à Sylvie Vartan. Submergé par ma libido, je suis devenu alors moins renfermé, plus fréquentable, plus décontracté. Mais sans savoir à quoi me destiner. J'avais fait des études médiocres, alors, je suis entré aux Arts déco, et j'ai commencé à bricoler de la musique avec un copain, Malek. On a fait des chansons. Ça a donné Animal on est mal. Le titre marche. J'ai joué le kakou devant le président d'EMI en lui disant que je savais tout faire. J'étais convaincant, j'imagine, puisque j'ai signé un contrat qui me donnait la maîtrise de tout.

Cette responsabilité m'a assommé. Alors je m'y suis mis. J'étais assez imbu de ma personne pour refuser de me conformer aux schémas tout faits. Je n'ai pas fait un système d'Animal on est mal, mais j'étais intrigué par ce texte tombé du ciel, écrit en quinze minutes. Même si je dessinais très bien, l'inspiration ne venait pas. Je me suis alors mis à composer La Mort d'Orion, et là, ça a déferlé, ça a reflué du passé, du Moyen Age, du futur, du contemporain, de partout. Je suis soudain devenu un tube, un récepteur à idées, et ça n'a pas cessé depuis. Un mystère.



Aucun artiste ne vous a directement influencé ?
Je n'ai jamais rien écouté pour l'imiter ou m'en inspirer. C'est l'écriture, le texte qui m'ont porté. Et la mélodie. La plupart des auteurs respectables comme Brel ou Ferré n'ont pas de mélodies, ils déclament ou récitent de l'alexandrin. J'ai un réflexe qui, dès que je m'enlise ou m'égare, me rappelle à l'ordre musicalement.

J'ai écouté les Beatles il y a longtemps, mais, depuis La Mort d'Orion, rien. Parfois, je tombe sur un titre qui m'émerveille, comme Losing my religion, de REM. Alain Souchon a écrit des choses d'une incroyable beauté. Je pense à 8 m2, sur la prison. Et puis Foule sentimentale, sublime, avec ce riff de piano. Souchon, c'est peut-être celui dont je me sens le plus proche.

Vous niez l'influence des autres… Pourtant, vous avez eu des chocs culturels. La culture a donc des vertus ?
Les vertus de la culture… c'est beau. Je me suis pris des auteurs comme Zola ou Nerval dans la gueule, tard, par hasard. Sur l'étal d'un libraire, on est attiré par un livre. Ou bien c'est un ami qui vous conseille. Mais je ne pense pas que ça influence ma création. En revanche, c'est réconfortant.

Comme Aladin qui voit jaillir le génie de sa lampe, Nerval m'est apparu comme une évidence, il était là subitement, vivant. Il me disait : « Gérard, tu n'es pas tout seul. » Quand je lis Les Filles du feu, il monte l'escalier, je monte avec lui. Il revoit sa petite copine, je revois ma petite copine. J'ai trouvé dans Nerval tout ce que je ressentais, tout ce que j'avais vu. Le contraire de tout ce que l'on m'avait dit. Avec Gauguin, pareil.

En réalité, rien ne m'appartient. Je suis habité. Ces créateurs m'ont nourri, à mon insu, depuis tout petit. Comme si j'étais un conduit, imprégné d'eux. Mes préoccupations sont les mêmes, ce souci de se tenir à l'écart des conventions sociales, du mensonge omniprésent. Ce qui est fantastique dans la littérature, c'est cette trace d'éternité.


Trace d'éternité que vous recherchez aussi dans vos voyages
Enfant, chez ma grand-mère, je faisais des kilomètres en bord de Marne pour pêcher, seul. Je finissais par connaître chaque trou, dans un parcours très précis, comme un rituel. C'est ce qui a inspiré tous mes voyages… Chaque fois que je marchais, en Inde ou au Nicaragua, je me disais que le panorama, la colline, le bosquet au bout de la route cachaient quelque chose que je voulais découvrir. Je renouais avec ce que j'avais connu enfant, en marchant avec ma goujonnière. J'étais tellement heureux, même quand j'étais triste, ce n'est pas incompatible.

S'il n'y a pas de violence physique, on peut se sentir très bien, même avec l'impression d'être mal fagoté, d'être un paria. Chez ma grand-mère, c'était la liberté absolue. On ne me menaçait de rien. On aimerait que tous les enfants connaissent la même quiétude aujourd'hui, la même compréhension. Il n'y avait pas cette course à la culture, à la réussite, à la performance. Cette surveillance constante… Peut-être étais-je dans une bulle ? Je considère comme un privilège d'être né avec ce souci de ne rien vouloir changer. De rendre le monde, à ma mesure et dans les limites de mes possibilités, immuable.

Vous avez une vision très noire du monde et de la société…
Je suis fait de 50 % de tristesse et de 50 % de sagesse. L'ombre et la lumière. A partir du moment où je me suis mis à m'exprimer en chanson, la création a été instantanée : le texte vient en un quart d'heure, la chanson se boucle dans la matinée. Entrez dans le rêve, comme d'autres, ont été dictées par mon subconscient. Parfois, le propos est terrible. Camion bâché évoquait le drame de ces pères qui ne voyaient plus leurs enfants après une séparation. A l'époque, j'avais des enfants en bas âge.



Entrez dans le rêve, votre profession de foi, s'oppose plus que jamais à la dictature actuelle du « entrez dans la réalité »…
C'est le grand mal de l'époque, cette transparence idiote. Le monde était bien plus beau quand les choses n'étaient pas dites, et que chacun était libre de subodorer, de supposer, d'interpréter, avec maladresse ou pas. Pour, devenus adultes, se confronter sur la pointe des pieds avec une subjective réalité.

Que représente Il voyage en solitaire pour vous ?
Je n'aurais jamais imaginé que cette chanson serait imperméable au temps. C'est peut-être une des seules, populaires, intelligibles de prime abord, qui résume aussi bien le parcours d'un artiste. Il y a des succès que certains traînent comme un boulet toute leur vie ; moi, il m'accompagne. Comme une niaiserie, une sorte de faiblesse, de légèreté, belle surtout à cause du piano. « Et voilà le miracle en somme, c'est lorsque sa chanson est bonne. » Ces paroles sont tellement bêtes et gentilles en même temps. Tout le monde peut pondre et chanter Il voyage en solitaire.

Et votre voix, vous l'aimez ?
Je ne saurais dire. Elle était médiocre, je l'ai améliorée. Certains sont mauvais et le restent. Moi, je peux me targuer, avec mon phrasé et grâce à des textes signifiants, d'être devenu un interprète correct. Expressif.
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Mer 7 Mai 2014 - 0:17

Pierre a écrit:

Belle interprétation de FH :

http://youtu.be/aTYZSR73kgk

Oh merci, je ne connaissais pas, cette version est troublante et réussie. Je ne suis pas fan des arrangements de Manset sur ce coup là alors que la version de Françoise est de toute beauté.  Smile 


GERARD MANSET - Solitude des Latitudes ( 1989 )



FRANCOISE HARDY - Solitude des Latitudes


Solitude des latitudes
Se glisse dans tes draps. Solitude
Ce soir te quittera.
Solitude,
Solitude.

La nuit semble douce et magique,
Ça ressemble aux Amériques,
Ce qu'on lit quand on est enfant,
Belliou-la-Fumée, Croc blanc.
La nuit semble douce et tranquille
Mais tu trembles, que t'arrive-t-il ?
Solitude et feu qui s'éteint,
Coup de feu dans le lointain.

Solitude des latitudes
Se glisse dans tes draps.
Solitude
Ce soir te quittera.
Solitude des longitudes,
Solitude.

La nuit semble douce et tranquille.
Ça ressemble à une ville
Dont on rêve quand on est enfant.
Carthage et ses éléphants.
La nuit semble douce et pourtant,
Tu te réveilles de temps en temps.
Solitude et feu qui s'éteint
Coup de feu dans le lointain.

Te glisse entre les doigts
Solitude...
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Mer 7 Mai 2014 - 10:15

Co-réalisé par Alain Lubrano et Dominique Blanc-Francart
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Ven 9 Mai 2014 - 17:17

Avec Nino ferrer, un des rares artistes intéressants a lire (même si sur album, c'est devenu trop bavard, la musique ensevelie sous des tonnes de mots ne parvenant plus a créer d'images mémorables).
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Ven 9 Mai 2014 - 17:19

Il a raison, Souchon demeure le seul des 70's encore debout artistiquement.
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Ven 9 Mai 2014 - 17:45

Souchon ne fait plus grand chose depuis 10 ans alors que Thiéfaine me passionne toujours !
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Mer 14 Mai 2014 - 12:28

8e des ventes pour sa 1ere semaine, un très beau résultat pour Manset. Je crois qu'il n' jamais été aussi bien classé. Pas de chance pour EMI ( Manset dit dans l'interview que c'est le chanteur français qui est resté le plus longtemps chez EMI ) puisque ça arrive avec le nouveau label Warner Music France ( il a signé pour 2 sorties, cette réorchestration fort réussie je trouve et un nouvel album inédit j'imagine ).


3 chansons ( l'enfant qui vole notamment ) & INTERVIEW 1983 :



Déjà en 1983 :
"Quand je sors un disque, j'essaye qu'il soit lisible. Je ne pense pas qu'il y ait de clés secrètes pour lesquelles il faudrait connaître une partie de ma vie.  D'ailleurs, tout est inscrit dans les sillons, c'est très clair, très lisible.
Et je crois qu'il n'y a plus rien à découvrir, même sur le plan artistique. Tout le monde est speed ou alors en dehors du coup. Et de toute manière, on est dans une capitale vieille, démodée où il ne se passe plus rien. On a beau nous faire croire le contraire, il ne se passe plus rien. Au niveau de l'art graphique, de la peinture, au niveau de la musique, c'est nul".

 Very Happy
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Mer 14 Mai 2014 - 21:54

La peinture/l'illustration/la BD..., c'est un monde assez vaste, complexe, avec des milliers d'artistes solitaires, peu connus. C'est la où il y a le plus d'artistes talentueux, suffit d 'une feuille et un crayon, tu déranges personne, tu as besoin de personne d'autre, tu peux même d'entraîner durant les heures de cours... et beaucoup sont modestes, tu peux discuter avec eux. Un nom : Thierry Coquelet (un caricaturiste élégant qui dessine sur des femmes). Vous ne les verrez jamais sur les chaînes nationales.
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MessageSujet: Re: Gérard Manset   Jeu 10 Juil 2014 - 0:55

Elle me touche vraiment beaucoup cette chanson : "DANS LES JARDINS DU XXIe SIECLE". Je l'ai écoutée plusieurs fois aujourd'hui mais je ne trouve pas l'extrait.

Celle ci aussi me touche :

GERARD MANSET - Quand on perd un ami ( 2004 )

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